Jean-Baptiste Soufron

Les 25 000 euros de Richard Descoings font scandale sur Internet.

Une chronique faisant suite à une vague d’indignations sur Facebook et Twitter au sujet du salaire de l’actuel directeur de l’IEP de Paris – Science Po pour les intimes, Richard Descoings, qui déclarait récemment à Libération – à la suite de révélations de Mediapart - trouver parfaitement justifié de gagner 25 000 euros par mois, sans les primes et sans compter le salaire équivalent de sa femme ainsi que les rémunérations supplémentaires dont il a pu bénéficier au titre des différentes missions qui lui ont été confiées par le gouvernement. 

De quelle indignation parle-t-on ? Nous vivons désormais à l’heure de l’open data et chacun est libre de comparer son salaire avec celui des autres personnes importantes. Richard Descoings n’est ni la personne la moins bien payée de France, ni la mieux payé. Bernard Miyet, l’actuel directeur de la SACEM étant par exemple aujourd’hui rémunéré à près de 80 000 euros par mois mais son départ étant programmé, son futur successeur a semble-t-il d’ores et déjà accepté une réduction extrêmement substantielle de son salaire. 

Mais là où Richard Descoings énerve les internautes, ce n’est pas tant dans le montant de son salaire que dans sa justification. Car comment explique-t-il ce salaire de pdg ? « Parce que je le vaux bien » nous dit-il. Parce que ses amis conseillers d’Etat ont l’opportunité de travailler dans le privé où ils peuvent bénéficier de ce salaire de ce niveau. 

Certes mais comme le fait remarquer André Gunthert – professeur à l’EHESS où les salaires ne sont visiblement pas les mêmes qu’à science po – comme quoi on peut à la fois être une source d’excellence, les amis conseillers d’Etat de Richard Descoings ont justement choisis de cesser de servir l’Etat, de quitter leurs emplois garantis et leurs fonctions de responsabilité publique pour rejoindre un secteur privé qui compense le manque de pouvoir par un intéressement financier accru. 

Richard Descoings aimerait sans doute répondre que son salaire se justifie par l’excellence de ses résultats, par son travail en faveur de la diversité et notamment par le fait que les étudiants de Science Po Paris sont supposément mieux payés que les autres au début de leur carrière : aux ames bien nées (à Paris), la valeur etc. etc. Mais pourquoi ? Sur Internet les gens n’attachent plus d’importance à l’origine des diplômes et se concentrent surtout sur les compétences. Combien de temps avant qu’ils ne se révoltent contre cette discrimination à l’embauche par le diplôme ? 

Alors en 2012, en période de crise, alors même que Xavier Niel fait tomber le prix de l’abonnement mobile illimité à 15 euros par mois – mais je n’ai pas cité de quelle marque il s’agit – peut-on vraiment justifier qu’un directeur d’école public soit rémunéré 25 000 euros par mois. 

J’aimerais vous faire la morale en vous rappelant qu’un enseignant est d’abord un modèle pour les cohortes qui passent dans ses classes, mais je suis un digital native qui sait que tous les cours sont désormais disponibles sur Youtube et que les jeunes talents sont désormais des adeptes du home schooling ou du dropout comme les célèbres Bill Gates et Steve Jobs, relativisant ainsi le rôle d’un directeur tel que Richard Descoings. 

En attendant je vous laisse calculer combien cela représenterait d’abonnements téléphoniques. 

Et si la tv connectée ramenait la famille autour du poste de télévision ?

Comme le montre le récent rapport qui lui est consacré, le débat sur la tv connectée sera sans doute l’un des plus importants de l’année 2012.

Pour les constructeurs, le sujet est essentiel car il sera un important argument de vente au fur et à mesure que les nouveaux usages vont se développer - après une guerre des standards qui a déjà commencé mais qui n’a pas encore atteint son point culminant. 

Pour les diffuseurs, l’arrivée de la tv connectée risque d’être accompagnée par l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché de la publicité télévisée dont le très craint Google.

Pour les producteurs de contenus, c’est l’occasion de proposer de nouvelles idées et de nouveaux produits. 

Tous réfléchissent bien sur au devenir de la télévision dans la télévision connectée : émissions, séries tv, retransmissions d’événements, etc. 

Beaucoup craignent que les nouveaux entrants ne s’arrogent rapidement des parts de marché en créant de nouveaux canaux - les débats autour de la TNT donnent une idée de l’importance de l’enjeu ; ou en s’appropriant des droits d’exclusivité sur les contenus préférés des internautes - il suffit d’imaginer qu’un nouvel acteur de la tv connectée obtienne les droits mondiaux de CSI pour mesurer l’impact auprès d’un diffuseur comme TF1.

Et cette menace se rapproche encore au fur et à mesure que les grands opérateurs du web comme Google commencent à produire leurs propres contenus. Ceux-ci leur donneront l’occasion de développer leurs propres chaines de diffusion - au sein desquelles ils pourront ensuite ajouter des programmes plus traditionnels produits à l’extérieur. 

Mais une autre menace pèse sur les acteurs de la télévision. 

Leur part de marché risque d’être réduite par l’irruption d’usages complètement différents de la télévision traditionnelle : jeux vidéos, apps sociales, téléconférence, etc. 

En effet, une tv connectée n’est rien d’autre qu’un ipad géant accroché au mur. Pourquoi se contenter de s’en servir pour regarder des vidéos si on peut faire autre chose avec ?

On peut bien sur déjà penser aux jeux vidéos qui constituent aujourd’hui l’un des principal usage des tablettes et des smartphones. Combien de parts de marché seront prise à la télévision traditionnelle une fois que les tvs connectées seront équipées d’appstores ? Beaucoup de xbox sont déjà modifiables pour pouvoir diffuser des contenus vidéos. 

Mais cela est encore accéléré si l’on profite de cette remise à jour hardware pour compléter les fonctions du téléviseur avec des fonctions supplémentaires telles que Kinect, caméra, etc. 

C’est par exemple ce qu’imaginent Walt Mossberg de All Things D qui a testé une caméra qui permet de connecter une télévision à n’importe quel compte autre device utilisant skype. Vous pouvez ainsi lancer une téléconférence et profiter de votre écran LCD  panoramique plutôt que de rester sur votre écran d’ordinateur. Au-delà de la qualité d’image c’est aussi une façon de remettre ces outils de communication vidéo dans un contexte moins professionnel. 

Il conclut aimablement en expliquant que cela pourrait peut-être permettre de réunir de nouveau les familles autour du téléviseur… mais sans télévision. 

Et si les universités et les grandes écoles françaises créaient leurs propres fonds d’investissement ?

C’est un peu ce que vient de faire d’anciens étudiants de Harvard qui ont choisi d’installer leur fond directement sur le campus. 

http://techcrunch.com/2012/01/27/harvard-gets-its-first-vc-firm-the-experiment-fund/

Les montants investis dans les entreprises sont de 250 000 dollars, c’est-à-dire qu’il s’agit du premier tour. Mais il est capital car c’est celui qui permettra à l’étudiant de prendre la décision de créer son entreprise en étant certain de pouvoir la faire vivre pendant une période de quelques mois, faire quelques dépenses, etc. 

L’avantage d’être directement au contact des étudiants et des professeurs est d’être sur de ne pas rater le bon projet ou la bonne personnalité - d’être leur premier contact de financier et de les voir directement en situation. 

J’imagine que tout cela peut très simplement s’accompagner d’un programme dirigeant la jeune startup vers un incubateur approprié où elle pourra retrouver à la fois des camarades de fortune et des mentors pour l’assister dans son développement. 

Voir les facs héberger des VCs serait déjà quelque chose d’étonnant, mais pourquoi ne pas aller un cran plus loin ?Surtout dans la mesure où l’on commence à parler de financeurs publics locaux sous la forme de BPI régionalisées. Et ce serait sans doute un fonctionnement plus sain que celui qui consiste aujourd’hui à essayer de valoriser la PI des universités - tâche difficile à accomplir, notoirement compliquée à évaluer, et qui se révèle parfois être un frein au développement des spinoffs de la recherche.