Jean-Baptiste Soufron
La valeur de l’internet des objets est dans “l’internet”, pas dans les objets

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Cela fait déjà plusieurs mois que nous organisons un groupe de réflexion consacré à l’internet des objets à Cap Digital. Le sujet est compliqué et nous avons commencé par organiser une réunion avec des porteurs de projets de R&D qui sont venus comparer leurs projets futurs. Par la suite nous avons commencé à écouter ce qu’en pensait les critiques où ceux qui avaient des difficultés à développer leurs modèles économiques.

Puis nous avons invités trois entreprises qui semblent avoir une idée de la façon dont ont peut raisonnablement créer un service utilisable et utilisé :

  • la RATP (Danielle Gance) qui a disposé des flashcodes dans de nombreuses stations de bus en région ile de france pour que les gens aient accès aux informations de trafic et connaissent les retards
  • Withings (Eric Careel) qui vend un pèse-personne connecté à son iPhone et à Internet
  • EDF (Jean-Luc Dormoy) qui réfléchit à l’installation de compteurs électriques intelligents permettant de balancer l’utilisation du réseau - et qui nous a expliqué la façon dont un système équivalent avait été déployé en Allemagne

Ces trois aventures sont très différentes en taille et en maturité. Mais les leçons qu’elles enseignent semblent claire et s’appliquer universellement.

Pour la RATP, la technologie est sans importante mais l’usage devient une habitude rapidement une habitude, les utilisateurs n’hésitant pas à s’approprier le service en le transformant un petit peu. Les flashcodes permettent normalement de renvoyer vers un site web indiquant les horaires du bus recherché, mais les gens n’utilisent généralement qu’une ou deux lignes seulement. Du coup, dès qu’ils ont compris, ils se contentent de mettre les sites webs correspondants en favoris dans leurs téléphones portables et arrêtent d’utiliser les flashcodes eux-mêmes. Echec pour les Flaschodes ? Ou succès ?

Pour EDF, la mise en place de compteurs intelligents est une affaire compliquée, mais le déploiement des compteurs de Yello Strom en Allemagne leur semble être le modèle à suivre : un vrai design proche des usagers, un usage très simple et quelques outils permettant de contrôler et d’optimiser sa consommation et sa facture… ce qui permet à tout ceux qui le souhaitent de mesurer leurs gains de consommation en direct quand ils installent des panneaux solaires. Là encore… échec pour Yello Strom ? Ou réel succès écologique ?

Mais le plus intéressant était sans doute de voir Withings expliquer la façon dont ils sont en train de développer leur pèse-personne connecté wifi : en développant un serveur et une API centralisant les données de tous leurs utilisateurs, puis en permettant à des services tiers comme dailyburn.com de s’y connecter pour proposer l’objet à leurs propres clients, en y appliquant leurs propres services. La valeur est dans la connectivité de l’objet, et dans sa capacité à se relier à un écosystème de partenaires. Son coût n’est d’ailleurs pas tellement dans sa fabrication, mais surtout dans la réalisation des différents logiciels nécessaires à son fonctionnement : un logiciel dans le pèse-personne lui-même, un autre pour iPhone, un troisième pour Android, une version OSX et une version windows, plus un serveur centralisant toutes les données et une API qu’il faut améliorer, maintenir et commercialiser.

Pour tous, le message commence à être clair : sur l’internet des objets, la valeur est dans “l’internet” plus que dans les objets, avec bien sur tout ce que cela implique en termes d’ouverture, d’interopérabilité, etc.

PS : la séance a été enregistrée et je mettrais les liens vers les vidéos quand elles seront online sur notre page dailymotion

Inscrivez-vous pour rencontrer Frédéric Martel au petit-déjeuner du 8 avril à Cap Digital

Update : les liens cassés dans l’article ont été réparés, notamment pour s’inscrire

Inscrivez vous ici au petit déjeuner du 8 avril pour la présentation de “Mainstream, Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde”, le dernier livre de Frédéric Martel édité chez Flammarion.

C’est une occasion unique de rencontrer l’animateur de “Masse Critique”, le magazine de référence consacré au financement industries de la création, sur France Culture le dimanche soir.

Mais c’est surtout le moment de comprendre les quelques points fondamentaux qui permettent de comprendre comment se structurent les industries culturelles partout dans le monde. Et il n’a pas tort quand il reprend la vision des coréens qui, coincés entre la Chine et le Japon, considèrent quasiment qu’ils sont entrés en guerre culturelle avec le reste de l’Asie.

Je connais bien Frédéric Martel avec qui j’ai déjà eu l’occasion de travailler à plusieurs reprises : sur le site nonfiction.fr dont nous sommes tous les deux co-fondateurs ; dans le cadre de ses fonctions à l’INA ; lors de l’organisation d’un séminaire qu’il a animé l’année dernière à Think Digital sur les nouveaux modèles économiques des industries culturelles.

“Mainstream” a d’ailleurs été rédigé en partie pendant et autour de ce séminaire de 2009. Et au-delà de l’amitié que je lui porte, je considère que c’est un véritable honneur que d’avoir pu aider, même modestement, à l’écriture d’un ouvrage d’une telle qualité.

N’hésitez pas à vous inscrire.

Vous pouvez aussi aller voir les séances du séminaire de Think Digital animées par Frédéric Martel : sur dailymotion

Et n’hésitez pas non plus à vous jeter sur le livre qui a pour l’instant reçu les meilleures critiques. Et si vous voulez d’abord l’essayez, Frédéric Martel a accepté que Cap Digital puisse laisser télécharger la conclusion…

… mais vous voudrez sans doute aller chez votre libraire après.

Conclusion de “Mainstream” de Frédéric Martel

Les revenus de Google n’ont progressé que de 3% entre Q2 2008 et Q2 2009.

Le modèle Google commencerait-il à s’essoufler ?

C’est le sens d’un article de The Economist : http://www.economist.com/businessfinance/displaystory.cfm?story_id=14460051

Les risques sont simples :

  • la transformation d’une petite structure en un mammouth de 20 000 employés (par comparaison, ebay emploie 16 000 personnes, amazon 20 000 et craigslists… 30 !).
  • la difficulté à trouver une autre source de revenus que le search

“Some Google-watchers see a much bigger challenge. “Google has been masterful at coming up with a lot of ideas, but none of them has matured to become something that moves the revenue needle,” says Gene Munster of Piper Jaffray, an investment bank. In fairness to the company, that is partly because many of its popular innovations, such as Gmail, have been given away to boost search-related advertising, which accounts for almost all of Google’s revenues.”

La net neutralité débarque dans le grand public…

Je n’aurai jamais cru que le débat sur la net neutralité deviendrait un débat grand public en si peu de temps (moins de une semaine depuis les premières sorties du nouveau chairman de la FCC).

Un article du NYT retrace bien l’état des prises de position actuelles et la bataille que s’apprêtent à lancer les opérateurs telco américains.

http://bits.blogs.nytimes.com/2009/09/21/att-calls-fcc-net-neutrality-idea-bait-and-switch/?ref=technology

Et, très obama-style, la maison blanche a lancé un site _spécifique_ sur le sujet…

http://openinternet.gov/

Combinaison gagnante pour Netflix : mise à disposition de données + appel à projet = RDI !

Ci-joint, un lien vers un format intéressant pour la RDI : l’appel à projet de netflix, sur un sujet proche de l’appel transmedia tv de orange, et du cnc… mais avec un sens très américain de la com’ et de la mise en communauté !

Plus précisément, le format était celui d’un concours. L’objectif était de mettre au point un moteur de recommandation de films le plus précis possible, avec une comparaison des prédictions par rapport aux 100 millions de transactions enregistrées dans les archives de netflix. Le tout pour seulement 1 million de $ maximum.

La combinaison “mise à disposition de données + concours” a tellement bien marché qu’ils en relancent un dans la foulée.

Je cherchais des informations sur le livre de Maurice Sendak qui va être adapté par Spike Jonze, et je suis tombé sur cette démo réalisée par John Lasseter pour Walt Disney en 1983. C’est vraiment intéressant de voir à quel point ces technologies étaient déjà matures à l’époque.

C’est un sujet qui avait été abordé dans le cadre d’une session de Think Digital :

http://thinkdigital.capdigital.com/Video-le-modele-economique-de

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A l’occasion du lancement du groupe de réflexion sur le green IT à Cap Digital, j’étais invité le 4 juin à l’émission 01 business sur BFM pour parler des technologies vertes au service des entreprises.

Les autres invités étaient :

  • Bruno BERTHON, Directeur monde de l’offre de services développement durable d’Accenture
  • Christian GRELLIER, DSI de Bouygues Immobilier
  • Fabrice COQUIO, Directeur général France d’Interxion