Jean-Baptiste Soufron

Startup America: Obama Spends $2 Billions In A Matching-Fund for VC Capital, France And Europe Should One-Up That

During my flight from San Francisco to New York, I was watching the recent video of Austan Goolsbee where he explains the new Startup America program. A policy tool designed to help entrepreneurs overcome their difficulties.

Given the current positive trend for entrepreuneurs and startups in the US, I was stunned by the idea to develop a federal matching fund of $2 billions so that startups receiving private VC funding will get additionnal cash from the US government.

It’s not a matter of quantity. Europe already spend a lot of money to finance R&D. France alone recently decided to spend €4,5 billions to fund projects for the digital economy. They hope that it will eventually lead to the creation of startups, and later to bigger businesses. 

The will and the energy are there. But the strategy seems suboptimal. The French government had to create an ad-hoc Public Agency dedicated to manage that sudden splurge in public money. Companies and researchers will have to propose projects to the various commissions setup by that Agency. These projects will usually span on a 3 years period of time, during which their members will have to prove that they keep up with what they promised to do.

The first time I came across the idea a government-sponsored fund to match VC investments was when reading Start Up Nation by Dan Senor and Saul Singer.

The concept interested me because I felt that Israel had many points in common with France: a highly-educated nation, part of the global economy, with a real identity, and a strong technological background, home to tons of engineers, designers, social scientists, artists and creative people.

In that context, the problem of israelian people was simple.

They were able to develop a lot of interesting technologies, but they did not have the market or the capital to help them blossom into startups. Thus, they came up with the idea that they should attract foreign investment. To do that, the government decided to match the amounts invested by israeli or foreign VC in israelian startups. If the startup could raise $12 million in investment, the government would give the fund $8 million. And after the government injected funds, the private entities were able to buy out the government. 

The trick worked like a charm. It attracted foreign investment, and helped israelian startups to develop. 

But in the French and European context, it would have an additionnal effect. It would simplify the public management of innovation.

When you need to distribute public money, evaluating innovative projects in advance is a problem. Being new is part of the thing that will help them to succeed. But at the same time, it’s a normal thing that the government won’t feel safe when spending money to support them.

Peer-reviewing the projects as we do at Cap Digital and in many other European institutions is a way to partially solve this problem. But it only works for collective projects, and when their members are past the early stage.

In that context, the matching fund solution appears as an elegant solution. It leaves the burden of examining the projects to the people who will be the most likely to do that job efficiently: private investors. It’s also a way to combine public and private funding so that companies won’t have to spend time doing the same thing twice. And of course, the projects will be able to evolve as their market evolve, instead of being forced by their public sponsors to keep up with their original business plan.

In Israel, the 10 funds created between 1992 and 1997 raised more than $200 million and were bought out or privatized within five years. Today, they manage approximately $3 billion in capital and support hundreds of new Israeli companies. Additionally, with the success of these firms, many VC firms were set up without government assistance as the clusters were now proliferating.

Given the current size of the US ecosystem, one can only imagine the impact Obama’s program will have.

Will the Europe and France stay that far behind?

rapport parlementaire éthique et numérique : et l’innovation dans tout ça ?

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Yochai Benkler commencait son ouvrage The Wealth of Networks par cette phrase : Information, knowledge and culture are central to human freedom and human development.

Continuellement alimenté par l’innovation, Internet représente désormais le moyeu central de la diffusion de l’information, de la connaissance et de la culture. Le lien entre les deux est indissociable. Il est intuitivement compris des digital natives, mais il ne correspond pas à nos modèles traditionnels de gouvernance et de régulation.

C’est sur même sujet que le groupe de travail des députés UMP sur l’éthique du numérique a rendu un (premier) rapport mardi 1er juin. Selon leurs propres termes, il s’agit de donner les moyens aux parlementaires de mettre internet au service d’un progrès éthique.

Pour ce faire, la méthode a reposé sur un plan de travail, un groupe de députés, quelques personnalités à auditionner et un site web www.ethique-du-numerique.fr pour recevoir des contributions publiques (190 à ce jour).

Le rapport consacre donc une large attention aux problèmes situés au croisement d’internet et de la vie citoyenne : identité numérique, vie privée, formation à internet, propriété intellectuelle, délinquance online, abus de position dominante et net neutralité. L’idée revient souvent en filigrane que les politiques ont plus ou moins perdu la main sur Internet et qu’ils doivent la retrouver.

Mais pour que les politiques français aient un impact sur Internet, il serait préférable qu’ils prennent appui sur les entreprises et les chercheurs innovants qu’ils ont les moyens d’aider et de réguler, c’est-à-dire notamment les français. A ce stade, la liste des consultations présentées dans le rapport montre que les parlementaires ont surtout rencontrés les acteurs américains du marché (facebook, google, microsoft).

Il y avait pourtant de nombreux français à rencontrer parmi les milliers de laboratoires, d’entreprises confirmées et de startups existantes. Sur le seul secteur des industries créatives et culturelles, Paris et sa région représentent par exemple déjà 363 000 emplois et 256 000 salariés. Et, sans même faire appel aux pôles de compétitivité comme Cap Digital, un coup d’oeil aux lauréats des appels à projets innovants proxima mobile, web 2.0 ou serious game aurait fourni une palette de personnalités qualifiées extrêmement utile et facile d’accès.

Il s’agit visiblement d’un work-in-progress mais on ne peut s’empêcher d’être surpris de revoir surgir des grilles de lecture qui laissent peu de place à l’innovation : la confrontation aux acteurs américains du marché, la peur de l’enthousiasme béat, l’idée que les internautes sont menacés et qu’il faut les protéger, etc.

Quelques idées sortent ressortent cependant et permettent de penser que les parlementaires souhaitent aller plus loin : l’impératif de net neutralité est clairement mis en avant, la question de la taxe google est reprise du rapport Zelnik, les problèmes d’abus de position dominante, etc.

Mais il s’agit de positions très défensives. Internet a évolué et la compréhension que nous en avons aussi. Et il existe aujourd’hui d’autres façons de se poser les mêmes questions : pourquoi google dispose d’une part de marché de plus de 90% en France contre seulement 65% aux USA, quel sera le rôle de la Chine, quelle place à l’internet des objets, comment faire travailler ensemble designers, chercheurs, ingénieurs et créatifs, le mainstream, etc.

C’est d’ailleurs l’attitude adoptée par les institutions publiques américaines en nommant un CTO et un CIO au sein du gouvernement, en mettant au point un vaste programme de financement des actions de normalisation et de standardisation, en prenant fermement position en faveur de l’open source, de l’open content et des données publiques ouvertes et gratuites, en créant des prix de la meilleure innovation, en finançant le cloud, etc. Autant de questions qui pourront être abordées dans les prochaines étapes de leur travail.

PS 1 : la commission européenne a publié un green paper sur un sujet proche

PS 2 : au-delà de Yochai Benkler, il y aurait tout à gagner à lire le travail du prix nobel d’économie Elinor Ostrom, Governing the Commons.

PS 3 : l’un des assistants parlementaires d’un député auteur du rapport a rédigé un post très intéressant sur ses objectifs concrets et sur son caractère de work-in-progress 

Europe 2020: la Commission propose une nouvelle stratégie économique pour l’Europe

Europe 2020: la Commission propose une nouvelle stratégie économique pour l’Europe. Le nouveau plan 2020 de la Commission Européenne accorde une place spécifique à une stratégie numérique pour l’Europe.

Intéressant, mais plusieurs points restent un peu contradictoires avec cet idée :

  • l’innovation est toujours valorisée en termes de brevet, et non pas aussi en termes de softwares ou de contenus
  • le développement du marché numérique se base d’abord sur le très haut débit au lieu de se construire sur le développement des PME et de la Recherche

Plus précisément, la stratégie numérique 2020 de la Commission Européenne comporte encore un certain nombre de points qui font très pré-internet :

  • développer une politique efficace du spectre
  • maintenir des niveaux élevés de sécurité et de confiance (comme si ces deux notions étaient nécessairement liées)
  • numériser le patrimoine européen
  • réduire les coûts de déploiement du réseau

A ce stade, il faut notamment rappeler que, même en retard dans le déploiement et la qualité de leur réseau, ce sont quand mêmes les USA qui ont pris le lead sur le secteur de l’Internet depuis 10 ans.

Maintenant, un certain nombre de points semblent plus intéressants :

  • le maintien d’un cadre juridique stable et favorisant la concurrence, c’est-à-dire la protection du statut des hébergeurs et de la net neutralité
  • la clarification des régimes de droits sur les contenus au niveau de l’UE, avec le développement de licences multiterritoriales
  • la mise en place d’une gouvernance mondiale de l’Internet… pour donner un peu plus de poids aux européens dans le cadre de l’ICANN
  • l’utilisation lourde de financements publics
  • l’intérêt accordé au rôle des PME

Mais on aurait envie de voir d’autres choses apparaître dans ce document :

  • le lancement de programmes de recherche - notamment en sciences sociales et juridiques
  • la création de mécanismes de financement pour les projets innovants - y compris les projets non-entrepreneuriaux ou relevant de l’innovation sociale
  • un peu d’engagement sur la façon de structurer les projets innovants - notamment via des structures collaboratives type “pole de compétitivité” qui forcent les acteurs à travailler ensemble
  • un intérêt quelconque pour les standards ouverts - un peu absents du document malgré la mention de l’interopérabilité
  • etc.

Le document est ici :

http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/10/225&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=fr

Et à noter, sur le même thème, un document publié par Stéphane Israel :

http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=1169

François Fillon : “Il faut que la mise en oeuvre des priorités des années à venir se décline à travers la politique des pôles de compétitivité”

C’est une certaine forme de reconnaissance du travail des principaux pôles de compétitivité, dont Cap Digital.

Voici les  éléments relatifs à son intervention :

http://www.lexpress.fr/actualites/2/francois-fillon-lance-des-pistes-sur-l-emprunt-et-ses-priorites_770416.html

« Si le plan de relance mis en place face à la crise financière et économique actuelle est surtout fondé sur une accélération des investissements en infrastructures et en équipements, l’effort doit maintenant porter sur la “matière grise” - la formation, l’immatériel, l’innovation, la recherche, a poursuivi le chef du gouvernement.

Il a énuméré quatre secteurs d’avenir :

- le numérique, les logiciels et les nanotechnologies ;

- les biotechnologies, afin de répondre au vieillissement de la population et à l’accroissement des dépenses de santé ;

- les écotechnologies, pour répondre au défi du réchauffement climatique ;

- la voiture du futur. »

« Il a estimé que les pôles de compétitivité mis en place ces dernières années constituaient un des meilleurs outils pour “faire jaillir la créativité”, en assurant l’interface entre entreprises, universités et organismes publics de recherche.

On est passé d’une logique de saupoudrage à une logique de concentration des aides sur des projets ambitieux”, a souligné le Premier ministre, qui a rappelé que le gouvernement allouait déjà 1,5 milliard d’euros à cette politique sur trois ans.

Mais le gouvernement entend limiter les nouvelles labellisations de pôles afin de pouvoir développer les plus efficaces et les plus prometteurs.

Il faut que la mise en oeuvre des priorités des années à venir se décline à travers la politique des pôles de compétitivité”, a-t-il expliqué. »

L’intervention est également disponible sur le site web du Gouvernement :

http://www.gouvernement.fr/premier-ministre/face-a-la-crise-francois-fillon-appelle-a-batir-les-fondations-de-la-prosperite-de-