En 2010, ce sont les entreprises privées qui rendent publiques leurs informations…

… pendant que les institutions publiques françaises et européennes privatisent les leurs.
L’idée semble paradoxale mais c’est un peu qui pouvait ressortir du séminaire organisé il y a quelques temps par le GFII sur le sujet : l’ouverture des informations publiques, un enjeu pour le développement de l’économie numérique.
Depuis l’émergence du web, les entreprises s’évertuent à rendre leurs données de plus en plus disponibles. En mettant en place des API permettant d’accéder à leurs serveurs, elles donnent la possibilité à des tiers de s’y connecter et de développer leurs propres services innovants.
Les avantages sont évidents dans un univers où l’innovation réside souvent dans le design, l’ergonomie, la proximité avec l’usager. Plus besoin de démontrer la viabilité d’un modèle économique en amont. Chaque partenaire se contente de se connecter à l’API et prend son propre risque. Plus besoin de négocier des conditions ad hoc à chaque nouveau partenariat. Les possibilités d’utilisation sont directement implémentées dans l’API. Cette tendance d’ouverture devient chaque jour un peu plus évidente : facebook et facebook connect, twitter et twitter login, withings et leur pèse-personne connecté, etc. Aujourd’hui plus personne ne vous oblige à créer un compte sur chaque site internet où vous surfez, en cliquant sur un seul bouton, ce site se connecte à l’API de facebook et importe immédiatement votre nom, votre photo, votre date de naissance, etc. Tout est simplifié et facilité.
Mais cette volonté des entreprises du web d’ouvrir sans cesse leur données ne vient pas de n’importe où. Elle est le fruit d’une culture de partage instituée depuis longtemps, elle correspond à un système institué en modèle par l’état US lui-même.
Il suffit de lire les premières lignes du compte-rendu de l’anniversaire de data.gov : One year ago, data.gov was born with 47 datasets of government information that was previously unavailable to the public. The thinking behind this was that this data belonged to the American people, and you should not only know this information, but also have the ability to use it. By tapping the collective knowledge of the American people, we could leverage this government asset to deliver more for millions of people.
Autrement dit, la vision américaine consiste à dire que la valeur n’est pas dans les données. Seuls comptent l’innovation et les services.
Et l’état US montrant l’exemple en mettant gratuitement les données à disposition, les entreprises américaines ont pris l’habitude de ne pas compter sur l’exclusivité de leurs données pour conquérir le public.
Le résultat ? Today, there are more than 250,000 datasets, hundreds of applications created by third parties, and a global movement to democratize data. To date, the site has received 97.6 million hits. From these datasets, citizens have developed hundreds of applications that help parents keep their children safe, let travelers find the fastest route to their destinations, and inform home buyers about the safety of their new neighborhood.
Et sans même mentionner une vraie culture de l’ouverture et la capacité à générer des écosystèmes “a la google”.
What’s next pour la France et l’Europe ?
PS : l’illustration au début de l’article est issue du catalogue du musée McCord, mise à disposition sur Flickr Commons avec le catalogue de la librairie du congrès, du brooklyn museum, de la bibliothèque nationale de nouvelle zélande, etc. Sans aucune restriction de copyright.
Là encore… quel dynamisme et quel contraste.