Les concours d’applications commencent à se multiplier
Sur une idée de Laurence Allard et Olivier Blondeau, nous sommes actuellement en train de lancer un concours d’applications écologiques et citoyennes avec la fondapol. Le principe en est simple et a été réglé depuis quelques années par le Google Summer of Code :
- le concours vise les étudiants
- il doit permettre de développer des applications qui sont le plus utile possible
- plusieurs prix de 5000 euros (ou peut-être un peu moins) sont mis en jeu
- le concours comporte différentes catégories,
- les candidats peuvent répondre soit seul, soit en groupe, voire en partenariat avec des entreprises
- en définitive, on peut dire que le projet a une vocation très entreprenariale
Ce n’est pas la première initiative de ce type en France. On constate même une vraie diversification. Le programme proxima de NKM est un peu à part dans la mesure où les montants sont nettement plus élevés et où l’objectif relève plus du développement stratégique et industriel. Mais la mairie de Paris a récemment lancé un programme similaire à destination des startups. De même que La Cantine et BeMyApp.
Ces concours sont très techno-centrés. Ils visent bien les jeunes développeurs informatiques mais ils restent assez fermés aux bonnes idées qui pourraient venir de l’univers des designers, des juristes, des artistes, des managers, etc. Ce biais ne reflète pas vraiment la réalité du marché, et il crée forcément une certaine homogénéisation contre laquelle il est difficile de lutter. Il est d’ailleurs dommage que ces concours ne soient pas plus portés par les écoles elles-mêmes. Des modèles de compétition intra ou inter écoles existent dans d’autres domaines. Cela permettrait à terme d’intégrer des écoles de cursus non-informatique, voire non-scientifique, ainsi que l’a fait Google en lançant une copie de son programme, mais destinée au secteur des SHS.
Enfin, ces concours posent une question relative au prix de ce genre d’application sur le marché. J’ai eu récemment l’occasion de discuter avec le dirigeant d’un important portail de news international qui leur reprochait de rehausser artificiellement le prix de ses prestataires. En effet, comment réussir à faire accepter qu’une application iPhone ne coute que 5, 10 ou 15 000 euros à développer si le prix d’un concours de développement supposément not-for-profit est déjà de 5000 euros ?
La question peut évidemment être tournée dans l’autre sens et conduire à se demander comment on peut sérieusement imaginer faire développer quelque chose pour à peine quelques heures de travail, sans compter ni maintenance, ni hébergement. Le prolétariat numérique n’est pas loin.
Mais tout cela - immaturité des concours, incompréhension de leur objectif, réactions de recul des professionnels - tourne en fait autour d’un manque fondamental : celui d’un sentiment de communauté. C’est un écosystème complet qui est à l’oeuvre ici - amateurs, stakeholders, clients, étudiants, développeurs, pouvoirs publics, mais ils ne se parlent pas assez et se connaissent peu. Est-ce le manque d’entités comme Google dont le poids suffit à insuffler une légitimité à ces programmes ? Ou est-ce simplement un cercle vertueux qui tarde encore un peu à se mettre en place ? Autant faire le bon pari.
Update : je ne l’avais pas pris en compte, mais il y a aussi la startup weekend paris en partenariat avec rww