Gilets jaunes, demande démocratique et délinquance publique


Le mouvement des gilets jaunes est peut-être un fourre-tout, mais il a l’avantage d’être un fourre-tout qui ne remet en cause ni la République, ni la démocratie. Leurs manifestations manquent peut-être d’une certain rigueur légaliste – ce qui est un euphémisme pour dire qu’elles ne sont pas déclarées, mais ils n’ont pas prévu d’actions violentes, et ne menacent pas non plus de le faire dans le futur – à quelques exceptions près qui ne semblent pas avoir rencontré le succès. Il ne s’agit pas de renverser le gouvernement, mais surtout de se faire entendre.

Mais pourquoi ce besoin d’être entendu ? Comme le le disait une responsable En Marche, il y’a quelques semaines, « on a été élus, on est légitimes maintenant ».

La reconnaissance ponctuelle que reçoit chaque citoyen à l’occasion de l’exercice de son droit de vote n’est plus perçue comme suffisante. Elle intervient trop peu souvent. Une fois tous les cinq ans seulement pour le Président et l’Assemblée nationale. Les élections sont trop rares, et les mandats sont trop longs.

A ce compte, les promesses ratées, les échecs, les maladresses, tout est désormais ressenti de façon beaucoup plus directe et plus aigue qu’autrefois.

La démocratie se définit par la qualité de ses services publics, le respect de l’état de droit, et le caractère régulier des élections qui permettent d’assurer la responsabilité des dirigeants au pouvoir – liberté, organisation et égalité disait Raymond Aron. Or, partout, en Chine, en Hongrie, mais aussi aux Etats-Unis, ces piliers sont menacés, et les français peuvent être fiers de ne pas avoir suivi ces exemples et d’avoir su persister dans leurs convictions démocratiques.

Mais cette confiance doit s’accompagner d’une reconnaissance symbolique et concrète de la part de ceux à qui ils ont confié le mandat démocratique – la démonstration d’une certaine forme de fraternité peut-être.

Car cela fait plusieurs fois en France que des campagnes électorales finissent par se cristalliser autour des enjeux de la demande démocratique d’un côté, et de la délinquance publique de l’autre.

Car les deux sujets sont profondément liés et finissent, s’ils ne trouvent pas leur expression dans la vie publique, par déboucher sur la victoire des populistes, comme au Brésil avec Bolsonaro. Qu’il s’agisse de l’engouement autour de Ségolène Royal après les affaires Chirac, ou de l’élection d’Emmanuel Macron en réaction aux scandales pesant sur François Fillon, le lien est réel.

Dit autrement, les gilets jaunes devraient être un non-problème si les dirigeants politiques avaient le niveau d’exemplarité correspondant aux sacrifices qu’ils décrivent comme nécessaire. Et ce d’autant plus que c’est justement cette exemplarité morale qui est attendue.

Ce ne sont pas des résultats que les gens attendent, ni des réformes, ce sont des modèles de probité et d’engagement qui redonnent confiance dans la chose publique.

C’est sur ce terrain qu’il faut répondre aux gilets jaunes. Comme c’est de la politique, ce devrait être simple. Face au populisme, est ce qu’il ne faut pas tout bonnement rester populaire ?

En tout cas c’est mon avis.

Ps : en complément, je me permets de pointer vers un post de Luc Broussy qui y voit lui une conséquence de la disparition des corps intermédiaires – j’ai l’impression qu’on parle un peu de la même chose – https://www.facebook.com/655539099/posts/10156845048989100/

Une réflexion sur « Gilets jaunes, demande démocratique et délinquance publique »

  1. CE que je trouve très curieux dans cette hjistoire, c’est que personne ne dit :
    1- Quand il n’y a pas d’avoine, les chevaux se battent : le problème à résoudre est un problème de niveau de vie

    2- Notre société change : elle accélère et devient de plus en plus immatérielle ; or nos outils comptables ont été conçus en période lente (la comptabilité en partie double date de 1490), pour gérer proprement des marchandises … NOUS DEVONS REVOIR NOS OUTILS et en particulier concevoir des outils qui imitent la Nature, mais en l’accélérant. La Nature ne fonctionne pas en logique hiérarchique, mais en logique d’Homéostasie, gérée par des doubles régulations à tous niveaux. Personne ne réfléchit à « comment s’inspirer de la Nature pour s’auto-organiser ». Pourquoi ? l’astuce pour trouver les moyens pratiques consiste à reprendre ce qui est fait en mécanique quantique … car l’économie est quantique ! Alors, on trouvera les fonctions. Qui plus est, ces fonctions ont déjà inspiré des civilisations qui ont vécu longtemps. Donc, l’objectif est de faire la synthèse des mécanismes de fonctionnements connus. Ce n’est pas infaisable … si on admet que la puissance de traitement nous dépasse et que nous devons utiliser des ordinateurs… Aujourd’hui, on a moins peur des ordinateurs. On sait même comment ils peuvent s’entre-aider. Regardons comment sont conçus les avions ou les navettes spatiales et imitons / adaptons.

    3- Notre société est plus exigeante : nous ne voulons plus polluer. C’est très bien. Sur le plan PRATIQUE, ca veut dire qu’il faut s’organiser AUTREMENT et partout avec plus de PRECISION : exemple, utiliser plus de circuits courts, plus d’imprimantes 3D, plus de travail en réseau. Quand on multiplie les actions de façon dispersées, il faut beaucoup plus de traitement d’information pour pister et éviter les gaspillages. > posons le problème pour le résoudre ; on sait faire !

    4- Mieux, nous voulons être plus efficaces. Très bien. Il n’y a pas de mystère ; il faut favoriser les coopérations et l’efficacité dans les coopérations. C’est un problème de traitement d’information : mettons comme projet National de futures AUTOROUTES DE LA COOPERATION.

    5- Conclusion : Faisons la synthèse :
    – Organisons des processus de valorisation en double régulation, qui valorisent les efforts pour apprendre, expérimenter, mettre en route, diffuser des techniques ou organisations moins polluantes. Ca veut dire, inventons de nouveaux traceurs de valeurs, conçus comme des agents intelligents qui s’attaque au problème majeur : « il n’y a pas de problème d’argent, il n’y a que des problèmes d’engagements ».
    Ce veut dire qu’il faut trouver comment à la fois mieux prévoir (ca veut dire qu’il faut anticiper, donc inventer des outils d’anticipation) et comment gérer les risques (le gaspillageà

    – Organisons ces circuits en respectant les principes de systémique qui séparent bien les commandes (ce que ne fait ni la compta, ni la finance).
    – Alors, on verra qu’il est possible de transformer l’inévitable gaspillage en augmentation de marché solvable.

    Travaillons dur, pour que cette augmentation :
    – améliore le pouvoir d’achat ete de ceux qui font des efforts et de toutes les personnes qui sont sur le bord de la route actuellement. On peut le faire via les circuits citoyens fonctionnant avec de l’argent intelligent qui relance la coopération, au lieu de couper les communications (la monnaie ne parle pas).
    – libère du budget pour les villes (si la moitié des Maires ne veulent plus se représenter, c’est qu’il y a des problèmes graves).
    – Donne du financement aux entrepreneurs, aux innovateurs, à tous ceux qui veulent se remuer et faire valoriser leurs efforts.

    Bref, sortons des outils datant du Moyen Age et intégrons tout ce que nous savons, du fonctionnement de la Nature, comme des progrès fantastiques qui avancent à toute vitesse grâce aux réseaux.

    On aurait dû commencer par ces outils. Ce n’est pas faute d’avoir anticipé… mais il est impossible de faire boire un âne qui n’a pas soif.

    Question : les révoltes sont elles assez fortes pour donner envie de raisonner en respectant les sciences ?
    Faut-il attendre l’invasion prévue des Robots pour qu’on se décide à valoriser l’Apport – travail / les efforts d’anticipation ?

    Vos réactions sont les bienvenues.

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